comment choisir dans la multitude d'offres
un rayon phyto-aromathérapie

L’offre commerciale autour des plantes médicinales est grandissante. Mais toutes ces préparations se valent-elles ?

Comme on le voit lorsque l’on étudie les diverses façons de préparer les plantes et les galéniques qui en découlent, le nom de la plante sur une boite ne suffit pas pour en déduire que le produit sera adapté à l’usage que l’on entend en faire.

La science ayant fait des progrès dans la connaissance des plantes, on sait maintenant que l’action de certaines plantes est liée à un composé actif principal et qu’il faut en absorber une quantité suffisante pour pouvoir observer l’effet bénéfique attendu. Cela est d’autant plus vrai quand l’objet de la complémentation est d’utiliser les propriétés pharmacologiques de la plante

 

Prenons l’exemple de l’Harpagophytum procumbens. Cette plante médicinale est de notoriété publique, anti-inflammatoire et antirhumatismale. Elle est même utilisée avec bénéfice chez les animaux arthrosiques. L’harpagoside qui est un des composants majeurs actifs de la plante doit être pris à raison de 50mg/jour pour observer un effet bénéfique. Cela correspond à 5g de poudre sèche de plante. Si on prend cette plante sous forme de gélules à 300mg de poudre sèche, une règle de trois permet de calculer qu’il faudra absorber environ 17 gélules pour avoir l’équivalence avec 5g de poudre sèche. Alors que si on utilise un extrait sec nébulisé (3 :1), pour lequel 1g d’extrait sec nébulisé correspond à 3g de poudre sèche de plante, on n’aura plus besoin que de 5 à 6 gélules!

 

Un produit sur lequel il n’est pas clairement spécifié le mode de préparation de la plante, ni le ration d’extraction, ne comporte donc pas suffisamment d’informations pour connaître sa valeur phytothérapique. Malheureusement ce type d’information est rarement clairement indiqué sur les produits à base de plantes.

Le cas de l’Harpagophytum est intéressant aussi pour illustrer le bénéfice de l’usage du totum de la plante. En effet, l’harpagoside utilisé seul a un effet beaucoup moins marqué quand il est isolé comme une substance pharmacologique que quand il est au sein de la plante utilisée dans sa totalité, car il entre en synergie avec d’autres principes actifs (iridoïdes). De plus, la composition de la plante qui contient des polyphénols et des polysaccharides évitent les effets indésirables sur l’intestin, que l’on connaît avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens, habituellement utilisés pour lutter contre les douleurs de l’appareil locomoteur.

Certains principes actifs, dont l’efficacité est avérée, comme l’harpagoside pour Harpagophytum procumbens, et l’hypéricine pour le Millepertuis sont utilisés comme traceurs pour savoir si une préparation contient suffisamment de principes actifs, même s’ils ne sont pas seuls à être actifs. La teneur en traceur est aussi rarement clairement indiquée que le mode d’extraction, ce qui ne facilite pas le repérage entre les différents produits proposés à la vente.

 

L’étiquetage et l’information délivrée par la société qui commercialise le produit doivent être des critères de qualité importants dans le choix de l’usage d’un produit plutôt qu’un autre, car on l’a vu, il y a de grandes différences entre les différentes formes galéniques des plantes. Un pharmacien qui a de l’intérêt pour cette partie de son art, autrefois appelé, herboristerie, est un gage de qualité, car il aura fait le choix des laboratoires qui lui paraissent garantir la qualité de ce qu’il commercialise. Il a les compétences techniques pour juger de cela. Le prix de vente, parfois attractif, ne saurait être un critère de choix, car il risque de générer l’échec de la supplémentation envisagée et la déception.

 

Les plantes cultivées selon le mode de l’agriculture biologique seront à privilégier autant que possible, car il n’est pas souhaitable d’utiliser une matière première polluée par des pesticides.

 

Le conseil du praticien de santé en naturopathie permet d’être orienté sur la forme galénique qui correspond à l’action souhaitée. Prendre conseil auprès d’un naturopathe, c’est éviter de se perdre dans les méandres d’une automédication anarchique  et dans la jungle des multiples propositions commerciales des rayons de libre service ou d’internet.

Toutefois la consultation médicale reste incontournable car le médecin est seul à même d’effectuer un diagnostic et d’apporter un traitement médical. La phytothérapie dans le cadre du conseil en naturopathie reste uniquement complémentaire, même si le bien-être et l’équilibre de la santé en bénéficieront avantageusement.

 

Sonja Opolka naturopathe
Sonja Opolka
Sonja Opolka cabinet consultation naturopathie
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