identification d'une lavandula
identifier la plante médicinale

Sous quelle forme galénique s’utilisent les plantes médicinales ?

 

La forme que tout le monde connaît est la tisane, forme traditionnelle de nos grands-mères. La plante médicinale ou plutôt la partie de la plante utile (fruits, fleurs, feuilles, écorces, racines) est utilisée en l’état, après avoir été séchée. C’est une technique fiable d’utilisation si la plante est de bonne qualité et si elle a été correctement conservée. La décoction, la macération sont des techniques dérivées de l’infusion en tisane.

 

 

Mais il existe d’autres formes galéniques.

On peut en effet trouver les plantes médicinales sous forme de gélules de poudre totale, mais aussi sous forme liquide, comme pour les extraits alcooliques ou les extraits hydro-alcooliques ou glycérinés. Selon la méthode d’extraction et le solvant utilisé, ce ne sont pas les mêmes principes actifs qui sont extraits.

La concentration en principe actif peut aussi varier énormément, et selon l’effet que l’on recherche, et la durée de la complémentation que l’on souhaite effectuer, on choisira l’une ou l’autre de ces galéniques.

 

Poudre de plante en gélules :

La plante est cryobroyée. La plante entière se conserve très bien après dessiccation, car la cellule végétale est adaptée à la pénurie d’eau et donc conserve bien son contenu en principes actifs. Des incertitudes apparaissent une fois les cellules végétales dégradées par le broyage quant à la stabilité des principes actifs dans le temps. Les poudres de plantes médicinales sont intéressantes pour les plantes reminéralisantes, riches en minéraux stables comme la prêle, l’ortie, le lithothamme… Le Ginseng est utilisé traditionnellement sous forme de poudre, il semble bien se conserver sous cette forme. Il s’agit d’une racine qui est une partie de la plante peu fragile. Les plantes à essence perdent une grande partie de leurs principes actifs volatils sous cette forme, comme par exemple la menthe. Les poudres de plantes en gélules offre la même concentration que dans la plante en l’état, mais la quantité de plante est limitée par la contenance de la gélule (500 à 750mg maximum par gélule), ce qui peut nécessiter la prise d’un grand nombre de gélules

 

La suspension intégrale de plante fraiche  ou SIPF :

Le principe du totum de la plante est conservé. Il s’agit d’une préparation liquide employant la technologie du froid pour le cryobroyage de la plante fraiche. Ce micro-broyage améliore la biodisponibilité par rapport à la poudre. La plante est ensuite placée dans une solution d’alcool à 30°. La concentration dans cette galénique est entre 3 et 10 fois inférieure à la plante en l’état en fonction de la teneur en eau de la plante. Cette forme est pratique et très intéressante au point de vue de ses qualités médicinales.

 

L’extrait fluide glycériné de plante fraîche ou EPS :

C'est un forme plus récente dérivée de la précédente, elle permet également d’extraire tous les principes actifs de la plante médicinale, grâce à une série d’extraction dans des mélanges aux concentrations croissantes d’alcool. L’alcool est ensuite éliminé par évaporation sous vide, et l’extrait est remis sous forme liquide dans une solution glycérinée pour la conservation. La glycérine est une molécule neutre au goût sucré utilisé comme solvant et pour la conservation dans l’agro-alimentaire. La concentration dans cette galénique est entre 3 et 10 fois inférieure à la plante en l’état en fonction de la teneur en eau de la plante. L'EPS, liquide, très pratique, satisfait pleinement à l’exigence de totum de la plante à partir de la plante vivante et fraiche.

 

L’extrait fluide classique ou EF :

La presque totalité des principes actifs est extraite par passage successifs dans l’alcool, sous pression réduite et température ambiante. Cette forme a la même concentration que la plante sèche et permet une bonne conservation dans le temps des principes actifs.

 

L’extrait sec nébulisat (ES) : la plante se présente sous forme de poudre en gélules ou en comprimés. C’est un procédé qui commence par l’extraction sous forme liquide des principes actifs de la plante préalablement broyée, par macération ou lixiviation, dans l’eau ou l’alcool. Puis le solvant est évaporé par un procédé ultra-rapide en projetant l’extrait liquide sous forme de brouillard dans un courant d’air chaud et une enceinte close. Cette forme peut-être d’un emploi pratique et permet la concentration des principes actifs par rapport à la plante fraîche. L’Harpagophytum (3 :1) et le Millepertuis (10 :1) sont commercialisés, notamment, sous cette forme. (3 :1) signifie que 1g d’ES nébulisé d’Harpagophytum, par exemple, correspond à 3g de plante sèche. Cette forme peut souffrir d’une mauvaise stabilité dans le temps des principes actifs. Le choix du laboratoire revêt donc toute son importance.

 

La Teinture-mère (TM) :

Elle est préparée à partir de la macération dans de l’alcool à 95°, de la partie de la plante qui est spécifiée dans la Pharmacopée. Compte tenu de la teneur en eau de la plante, le titre alcoolique final est de 70°. Puis suit une décantation, une filtration et l’expression du résidu de macération. Le rapport final d’extraction est de (1 :10), c'est-à-dire que 10g de TM équivalent à 1g de plante sèche. C’est à partir des TM que sont ensuite préparées les préparations homéopathiques des plantes. La quantité d’alcool ingérée avec une complémentation journalière en TM de l’ordre de 100 gouttes/jour sera équivalente à 2ml d’alcool à 70°, ce qui correspond à 10 ml d’un vin à 14°, soit 1 centimètre dans le fond d’un verre à vin. Cela ne correspond pas à une grande absorption journalière d’alcool, toutefois on en tiendra compte dans certains cas. Beaucoup de plantes sont disponibles sous cette forme.

 

Les dilutions homéopathiques des plantes :

Elle représente une grande partie des remèdes utilisés par la pratique homéopathique. La préparation se fait à partir de la Teinture mère qui est diluée et « dynamisée ». On utilise des CH ou Centésimales Hahnemannienne. La dilution 1CH est obtenue en diluant 1 partie de la solution de départ (TM) dans 99 volumes de solvant (souvent de l’alcool). La dynamisation consiste à agiter le flacon de dilution soigneusement, fortement et verticalement entre chaque dilution. La 2 CH est obtenue en mélangeant 1 volume de la dilution 1CH dans 99 volumes de solvant. Et ainsi de suite pour obtenir les dilutions supérieures. C’est la « dynamisation » qui expliquerait pourquoi les dilutions supérieures à 12CH qui mathématiquement ne contiennent plus de molécules actives auraient une activité. La dynamisation permettrait au soluté de laisser son « empreinte » dans le solvant (théorie de la mémoire de l’eau de Jacques BENVENISTE, publication dans Nature en 1988).                                                                                                    

On utilise aussi les dilutions korsakoviennes, pour laquelle le mode de préparation est similaire, sauf que le flacon utilisé pour la préparation ne change pas et est vidé à chaque dynamisation. On compte une dynamisation à chaque fois que le flacon est vidé. Les korsakoviennes permettent d’utiliser des dynamisations plus hautes que les dilutions hahnemanniennes qui s’arrêtent à 30 CH, en France. Les dilutions en DH sont faites sur le même principe mais avec une dilution au 1/10e entre chaque dynamisation. 

 

Les préparations de macérât glycériné de parties embryonnaires de plantes : la gemmothérapie.

Les parties embryonnaires des plantes ont une composition sensiblement différente de la plante adulte elle-même. Elles sont notamment très riches en hormones de croissance et régulateurs de croissance végétaux. Ces préparations sont réalisées comme les teintures mères par macération de bourgeons frais, jeunes pousses ou radicelles des plantes dans de la glycérine alcoolisée, au 1/20e de poids sec. Puis la macération est filtrée et diluée au 1/10e dans un mélange eau-alcool-glycérine, on obtient donc une 1DH. La concentration est donc de (1 :200), c'est-à-dire que 200g de macérât équivalent à 1g de plante sèche. Bien que peu concentrée, cette forme est particulièrement active, notamment sur les processus naturels de régulation physiologique. Leur très faible teneur en alcool en permet un usage facile chez les enfants.

 

Les huiles essentielles :

C’est une forme de préparation concernant les plantes dites « aromatiques ». Elles possèdent un coefficient de concentration très élevé par rapport à la plante sèche en principes actifs et ne contiennent pas le totum de la plante. Phytothérapie et aromathérapie sont étroitement liées.

Pourquoi utiliser plusieurs galéniques de plantes ?

Le naturopathe choisit la galénique en fonction du but qu’il poursuit pour la complémentation qu’il conseille. S’il s’agit de l’accompagnement sur le long terme d’un déséquilibre qui revient sans cesse, comme une tendance allergique, ou pour effectuer un drainage, des formes peu concentrées peuvent suffire.

A l’aide de la phytothérapie, le naturopathe cherche à déclencher une réaction de l’organisme le ramenant vers l’équilibre de la santé et lui permettant d’utiliser ses forces d’auto-guérison.

La phytothérapie, comme l’homéopathie, délivre une information aux récepteurs de l’organisme et ne cherche pas, sauf dans certains cas particuliers, à obtenir un effet s’appuyant sur une quantité. Les tisanes, les teintures mères et la gemmothérapie seront intéressantes dans cet objectif.

 

Changer de formes galéniques et ne pas les administrer en continu permet aussi de ne pas saturer les récepteurs de l’organisme, de ne pas les rendre « sourds » à l’information.

 

Quand on veut utiliser la propriété pharmacologique d’une plante, on utilisera plutôt des formes plus concentrées comme les extraits secs nébulisés. L’Harpagophytum procumbens, par exemple, pour l’accompagnement des douleurs d’arthrose sera avantageusement utilisé sous cette forme.

 

Comment choisir et acheter des plantes médicinales?

Sonja Opolka naturopathe
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